En date du 8 février 2009.

Ce spectacle tendre, drôle et poétique est à l’affiche depuis vendredi de l’espace Noriac. Joëlle Pascal et le prestidigitateur David Orta font illusion dans Mots et Merveilles (ancien nom de Contes et magie).
Joëlle Pascal aime faire des histoires. Cette conteuse, installée à Rilhac Rancon, a découvert le conte il y a une vingtaine d’années à Montreuil, dans le cadre d’un festival. Depuis elle est tombée dans la marmite. Une marmite que les flammes de son imagination font bouillir à petit feu. Dans son potage de poésie, on trouve des légendes anciennes, des souvenirs personnels, des petites scènes érotiques voir coquines qui font plus rire que rougir. C’est dans les livres qu’elle puise son inspiration. Fondatrice de la compagnie A pas contés, elle s’est adjoint les services de David Orta. Ce jeune magicien a lui aussi côtoyé les festivals de contes.
La magie des mots
Comme il croit en la magie des mots, il entoure ses tours de textes tendres et humoristiques. Une chose est sûre. Joëlle et David étaient faits pour se rencontrer. Mots et merveilles, présenté à Noriac cet après-midi, est un spectacle unique, original, pétillant, frais qui fait renaître l’enfant qui est en nous et qui n’a plus souvent l’occasion de s’exprimer. Visuel ce spectacle met tous les sens en éveil. Joëlle Pascal s’accompagne à l’accordéon. Les mélodies donnent le ton de l’histoire qu’elle narre. Sa mise en verbe est si précise que les décors, les personnages s’imposent naturellement. David Orta, à ses côtés, joue avec le public. Il crée une connivence si forte que les spectateurs jeunes ou moins jeunes montent sur la scène sans se poser de question. Il n’y a pas de barrière entre la salle, la cour et le jardin. Une complicité s’installe entre les artistes et le public. Comme le dit Joëlle Pascal, il est difficile pour un conteur d’être prophète en son pays. Et elle sait de quoi elle parle.
Fondatrice avec Pierre Deschamps et Nicole Stephanus de la compagnie Les Passeurs d’Histoires, elle a fait des interventions au festival de Vassivière et a participer à Coquelicontes et même à Urbaka. Le public de la place des Barreyrette a, pendant trois soirées, apprécié ses multiples talents. En juin, elle participera au festival Kaolin et Barbotines. Récemment, à Noriac, le talentueux chanteur Edward Sinclair l’a sollicité. Mais là, elle tente une nouvelle aventure. Elle croit aux pouvoirs de la magie et du conte. Ce spectacle devrait d’ailleurs évoluer.
Des images mentales projetées
Avec David Orta, elle travaille sur la force évocatrice des mots. « C’est notre partition », dit-elle. Cinéaste de l’imaginaire, elle projette des images mentales. Et la magie leur donne des couleurs, du relief. Une force supplémentaire. « Comme si on passait de la radio à la télévision, ou du noir et blanc à la couleur », souligne David Orta. Une chose est sûre, « Mots et merveilles n’en restera pas là ». Le bouche-à-oreille fonctionne plutôt bien. Vendredi soir, l’espace Noriac était presque plein. Et samedi le téléphone des réservations n’arrêtait pas de sonner. S’il s’adresse au jeune public, il n’est pas destiné aux tout petit. Les moins de six ans en effet pourraient trouver le temps long. Il faut connaître le goût des mots pour en apprécier la saveur. Et il est utile de bien connaître le pays des merveilles pour voir à quel moment la magie opère.
Les deux artistes comptent sur cette prestation pour se faire connaître. Ils espèrent que cette ancienne chapelle des jésuites, le dieu du succès se penchera sur leur destin. Ce serait la moindre des choses.
Jean-François Julien, Le Populaire du Centre